Simulateur de robe du poulain : calculez les probabilités de croisement
En bref : entrez les données génétiques ou les robes visibles de l'étalon et de la jument, et le simulateur calcule instantanément les probabilités de chaque robe possible pour le poulain. Il est utile aussi bien pour un éleveur confirmé qui dispose de résultats ADN que pour un propriétaire qui connaît seulement la couleur de ses chevaux.
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Génotype ou phénotype : quel mode choisir ?
Le mode génotype s'adresse à ceux qui ont fait réaliser un test ADN sur leurs reproducteurs. Le laboratoire fournit alors des résultats précis : EE, Ee, Aa, Crn, et ainsi de suite. Ces codes décrivent exactement les allèles portés par le cheval, c'est-à-dire les deux versions du gène qu'il possède. C'est le mode le plus fiable pour prédire la robe du poulain, car il révèle les porteurs silencieux, ces chevaux qui transmettent un gène sans l'exprimer visuellement. Un alezan porteur Crème, par exemple, peut produire un palomino sans que rien ne le laisse deviner à l'œil nu.
Le mode phénotype convient lorsque vous connaissez uniquement la robe visible du cheval. Décrivez-la gène par gène : couleur de base (bai, noir ou alezan), dilutions, grisonnement et motifs. Toute combinaison que le moteur sait calculer se déclare ainsi, sans test ADN, y compris un perlino dun ou un isabelle silver.
Le simulateur en déduit les génotypes compatibles et calcule les combinaisons possibles. Des robes comme « palomino » ou « isabelle » sont ainsi des résultats de composition, et non des entrées : le nom se compose à partir des gènes que vous ajoutez.
Sans test ADN, impossible de savoir quel génotype le cheval porte réellement : le simulateur considère donc les génotypes compatibles comme équiprobables. Il s'agit d'une convention de calcul, pas d'une fréquence observée en race. Dans le détail « Les génotypes derrière cette robe », chaque ligne garde son pourcentage, mais il est arrondi et précédé de « ≈ », comme les probabilités de robe, pour rappeler qu'il découle de cette convention et non d'une mesure.
L'incertitude est donc plus importante qu'en mode génotype, puisque les porteurs silencieux évoqués plus haut restent invisibles.
Le cas particulier du cheval gris. Le gris se déclare comme un gène que vous ajoutez, avec sa propre carte, et non comme une robe de naissance : la carte « Gris » de la ligne « Robe de base » n'est qu'un raccourci, décrit juste après. La nomenclature officielle de l'IFCE range bien le gris parmi les robes de base, aux côtés du blanc, du crème et du chocolat, mais elle décrit ce qu'un identificateur voit à un instant donné. Ce simulateur, lui, doit prédire ce que le poulain héritera, et le grisonnement efface progressivement la robe de naissance sans la remplacer : un cheval gris était bai, alezan ou noir avant de blanchir, et c'est cette couleur-là qu'il transmet. C'est pourquoi chaque résultat gris s'écrit en deux temps, « Gris » puis, juste en dessous, « né bai ».
Robe de naissance connue : choisissez-la sur la ligne « Robe de base », puis ajoutez le gène Gris. Robe de naissance inconnue, le cas le plus fréquent : choisissez la carte « Gris » de cette même ligne, qui enregistre une base inconnue et le gène Gris d'un seul geste ; le simulateur explore alors toutes les bases possibles. Le nombre de copies du gène change ce que le parent transmet : une copie donne un poulain gris une fois sur deux, deux copies à chaque fois. Le gris se cumule avec une dilution, donc un gris né palomino se décrit sans rien perdre.
Une particularité que le composeur ne porte pas. Les caractères qui ne changent pas la couleur de fond ne se déclarent nulle part dans cet outil, et cela vaut notamment pour les crins lavés, c'est-à-dire une crinière et une queue plus claires que le corps, mention qui figure pourtant en toutes lettres sur les papiers français. La raison est simple à énoncer : le gène responsable n'a pas encore été identifié, il est vraisemblablement porté par plusieurs gènes à la fois, et aucun laboratoire n'en propose de test. Le simulateur ne sait donc pas le transmettre et préfère ne rien promettre. Il en va de même pour le charbonné, le pangaré et le rabicano. Déclarez la couleur de fond seule : « alezan crins lavés » se déclare ici comme un alezan, sans rien ajouter de plus.
Les deux modes se choisissent séparément pour chaque parent. Si vous avez testé votre étalon mais pas votre jument, réglez le premier panneau sur génotype et le second sur phénotype : le simulateur combine les deux sans difficulté et signale dans ses résultats quelles hypothèses il a dû poser. Sachez toutefois qu'un seul parent décrit par sa robe suffit à faire basculer l'ensemble du calcul en mode approché. Les pourcentages de robe comme ceux du détail par génotype s'affichent alors arrondis, avec le signe « ≈ », y compris pour le parent que vous avez fait tester, puisque chaque probabilité finale dépend des deux parents à la fois.
Comment utiliser le simulateur ?
1Choisissez le mode pour chaque parent. Génotype si vous avez les résultats d'un test ADN, phénotype si vous partez de la robe visible.
2Renseignez l'étalon, puis la jument. En mode génotype, choisissez les allèles de chaque gène (par exemple Ee pour Extension). Les gènes autres qu'Extension et Agouti s'ajoutent par un bouton « + ». En mode phénotype, choisissez la robe de base, puis ajoutez de la même façon les dilutions, le gène Gris et les motifs visibles : chaque gène devient une carte, avec son nombre de copies si vous le connaissez. La ligne « Robe » affiche le nom composé en direct et sert de recherche : tapez le nom de la robe, et tout se remplit. Un gène non ajouté, ou laissé sur sa valeur par défaut, compte comme non déclaré et le simulateur vous le rappelle dans ses résultats.
3Lancez le calcul et lisez les résultats. Le simulateur affiche chaque robe possible avec son pourcentage de probabilité. Un résultat « 45 % bai, 30 % alezan, 25 % noir » signifie que ces trois robes sont attendues dans ces proportions sur un grand nombre de poulains issus de ce croisement. Si l'un des deux parents a été décrit par sa robe plutôt que testé, ces pourcentages sont arrondis à l'unité et précédés du signe « ≈ », de même que ceux du détail génotype par génotype, sous chaque robe.
Les gènes qui influencent la robe du cheval
La génétique des robes repose sur une hiérarchie claire : deux gènes de base fixent la couleur fondamentale, puis des gènes de dilution et des marquages blancs viennent la modifier. Le simulateur prend en compte 21 locus, ce qui couvre les gènes de robe des panels courants des laboratoires français. Les dix principaux sont détaillés ci-dessous ; les onze autres, qui concernent les marquages blancs rares, les motifs appaloosa et la texture du poil, se trouvent, en mode génotype, dans le bloc « Ajouter un gène » de chaque panneau de saisie, repliés derrière la ligne « Gènes avancés : motifs blancs et texture du poil ».
Les dix principaux gènes de robe pris en compte par le simulateur
Gène
Ce qu'il contrôle
Robes produites, telles que le simulateur les nomme
Point de santé associé
Extension (E / e)
Ce qu'il contrôleProduction d'eumélanine, le pigment noir. e/e donne une base rouge uniquement.
Robes produites, telles que le simulateur les nommeAlezan (e/e), Bai ou Noir (E/_)
Point de santé associéaucun
Agouti (A / a)
Ce qu'il contrôleRépartition du noir sur le corps. N'agit que si E est présent.
Robes produites, telles que le simulateur les nommeBai (A/_ avec E/_), Noir (a/a avec E/_)
Point de santé associéaucun
Crème (N / Cr / prl)
Ce qu'il contrôleDilution de la robe de base, effet renforcé en double dose. Le même locus porte l'allèle perle.
Robes produites, telles que le simulateur les nommePalomino, Isabelle, Cremello, Perlino, Crème fumé, Alezan perle
Point de santé associéaucun
Dun (D / nd1 / nd2)
Ce qu'il contrôleDilution du corps et marques primitives : raie de mulet, zébrures. Les deux formes non-dun donnent la même robe, mais nd1 autorise encore les marques primitives là où nd2 les supprime, ce que le simulateur signale.
Robes produites, telles que le simulateur les nommeBai dun, Alezan dun, Souris
Point de santé associéaucun
Silver (N / Z)
Ce qu'il contrôleDélave le pigment noir du corps, de la crinière et de la queue. Sans effet visible sur l'alezan.
Robes produites, telles que le simulateur les nommeBai silver, Noir silver
Point de santé associéAnomalie oculaire (MCOA). Forme sévère en Z/Z, kyste isolé en Z/N.
Champagne (N / Ch)
Ce qu'il contrôleDilution dominante des deux pigments, avec peau mouchetée et yeux clairs à la naissance.
Robes produites, telles que le simulateur les nommeChampagne or, Champagne ambre, Champagne classique
Point de santé associéaucun
Gris (N / G2 / G3)
Ce qu'il contrôleGrisonnement progressif avec l'âge. Attention, les deux formes ne se valent pas : G3 conduit au blanc, alors qu'un cheval G2 reste pommelé et ne devient jamais blanc.
Robes produites, telles que le simulateur les nommeGris, sur toutes les bases. Le résultat garde la robe de naissance en sous-titre, « né bai » par exemple.
Point de santé associéRisque de mélanome élevé en G3/G3.
Rouan (N / Rn)
Ce qu'il contrôleMélange de poils blancs sur le corps, stable tout au long de la vie.
Robes produites, telles que le simulateur les nommeRouan, aubère (le mot de l'IFCE pour un rouan sur base alezane), rouan noir. Le rouan devient un simple suffixe dès qu'une dilution tient la tête du nom, comme dans « Isabelle dun rouan ».
Point de santé associéaucun
Tobiano (N / TO)
Ce qu'il contrôleMarquage pie dominant : grandes taches blanches arrondies, souvent sur le dos.
Robes produites, telles que le simulateur les nommePie Tobiano, sur toutes les bases
Point de santé associéaucun
Frame Overo (N / O)
Ce qu'il contrôleMarquage pie : taches irrégulières sur les flancs, tête souvent blanche.
Robes produites, telles que le simulateur les nommePie Frame Overo, à l'état hétérozygote N/O uniquement
Point de santé associéLétal à l'état homozygote O/O, voir ci-dessous.
Deux des gènes rangés derrière la ligne « Gènes avancés » portent également un point de santé : le complexe léopard, c'est-à-dire le gène qui produit les motifs appaloosa (cécité nocturne congénitale en LP/LP, et un risque d'uvéite), et le locus Curly KRT25 (hypotrichose, c'est-à-dire une pilosité très réduite). Ces mentions sont des risques signalés, pas des diagnostics : seul un vétérinaire peut se prononcer sur un cheval donné.
Si votre cheval est un appaloosa sans taches. Un cheval enregistré appaloosa dont la robe ne porte aucun motif contrasté est appelé « uni », ou « solid » dans le vocabulaire des registres, et il faut distinguer deux situations opposées. S'il montre une peau mouchetée autour du nez, des yeux et des parties génitales, le blanc de l'œil visible autour de l'iris, ou des sabots rayés verticalement sur un membre sans balzane, alors il porte bien le gène et vous devez ajouter le motif « Motif appaloosa ». S'il ne montre ni motif ni aucun de ces trois signes, ce que les registres notent « non-characteristic », il ne le porte pas : ne l'ajoutez pas. L'ajouter à tort fait peser un risque d'uvéite sur tous vos croisements ; ne pas l'ajouter alors qu'il fallait le faire supprime purement et simplement l'alerte de cécité nocturne.
Frame Overo et syndrome du poulain blanc létal (OLWS)
Un poulain homozygote O/O, né de deux parents porteurs Frame Overo, naît blanc et est atteint du syndrome OLWS (Overo Lethal White Syndrome). L'aganglionose intestinale qui en résulte, c'est-à-dire l'absence des cellules nerveuses qui commandent l'intestin, est incompatible avec la vie. Si vos deux reproducteurs sont porteurs Frame Overo, le risque est de 25 % à chaque poulain. Un test ADN préalable est indispensable avant tout croisement impliquant ce gène.
Ce chiffre de 25 % suppose que les deux parents ont été déclarés porteurs. Il faut comprendre comment le simulateur traite un gène que vous n'avez pas renseigné : il le suppose absent. Autrement dit, une absence d'alerte ne signifie pas une absence de risque, elle signifie que la question n'a pas été posée. Si vous ignorez le statut Frame Overo de l'un des deux chevaux, choisissez la valeur « Non testé » plutôt que de laisser le champ sur sa valeur par défaut : le simulateur affichera alors une fourchette de risque au lieu d'un zéro trompeur. C'est le seul endroit de cet outil où une hypothèse par défaut peut coûter un poulain.
Comprendre les résultats du simulateur
Les pourcentages affichés sont des probabilités statistiques, calculées gène par gène via des carrés de Punnett puis combinées. Concrètement, si le simulateur indique 60 % bai, cela signifie que sur dix poulains issus de ce croisement, environ six seraient bais. Cela ne signifie pas que le prochain poulain sera bai. Lorsque l'un des deux parents a été décrit par sa robe plutôt que testé, ces pourcentages reposent en plus sur l'hypothèse d'équiprobabilité décrite plus haut, et le signe « ≈ » qui les précède sert précisément à le rappeler.
Chaque naissance est un tirage indépendant. Deux parents identiques peuvent très bien produire trois alezans de suite avant de donner un bai, même si la probabilité bai est majoritaire. La génétique de la robe du cheval obéit aux lois de Mendel, qui sont des lois de probabilité et non de certitude.
Ce que le simulateur ne peut pas faire : confirmer le génotype réel d'un individu. Seul un test ADN réalisé en laboratoire vétérinaire donne cette certitude. Le simulateur est un outil de planification et d'exploration. Il vous aide à prédire la robe du poulain et à anticiper les combinaisons intéressantes ou risquées avant même la saillie.
Questions fréquentes
01Quelle est la différence entre génotype et phénotype ?
Le phénotype, c'est ce qu'on voit, la robe visible du cheval. Le génotype, c'est la combinaison d'allèles réelle portée par l'animal, détectable uniquement par test ADN. Un cheval peut avoir un phénotype alezan et un génotype porteur Crème : même robe visible, résultats de croisement très différents.
02Le simulateur est-il fiable ?
Oui, pour les probabilités statistiques : les calculs reposent sur la génétique mendélienne et les carrés de Punnett, qui sont la méthode de référence. Non, pour prédire avec certitude la robe d'un poulain précis, car chaque naissance reste un tirage aléatoire. En mode phénotype, la fiabilité est également limitée par les porteurs silencieux non détectés et par l'hypothèse d'équiprobabilité entre les génotypes compatibles avec la robe déclarée. C'est pour cette raison que les pourcentages y sont arrondis et précédés de « ≈ », ceux du détail par génotype compris.
03Un cheval bai est-il E/E ou E/e ?
Un bai porte au minimum un allèle E (Extension) et un allèle A (Agouti). Il peut donc être E/E ou E/e, et A/A ou A/a. Sans test ADN, vous ne pouvez pas savoir lequel. N'essayez pas de deviner et ne lancez pas deux calculs pour comparer : choisissez la valeur « Non testé » proposée par chaque sélecteur. Le simulateur traite alors les deux hypothèses en une fois et vous rend une fourchette de probabilités, ce qui est plus honnête qu'un chiffre unique faussement précis.
04Deux chevaux alezans peuvent-ils donner un poulain bai ?
Non, jamais, et c'est l'une des rares certitudes de la génétique des robes. Un alezan est e/e, il ne possède donc aucun allèle E à transmettre, et sans E le pigment noir n'est pas produit. Deux parents alezans donnent nécessairement un poulain alezan, éventuellement dilué en palomino ou en cremello si un gène de dilution s'en mêle, mais jamais bai ni noir.
05Qu'est-ce qu'un porteur silencieux ?
C'est un cheval qui porte un allèle sans l'exprimer visuellement. L'exemple le plus courant est un alezan porteur Crème, de génotype Crn : il a une robe parfaitement normale, mais il peut produire un palomino ou un isabelle si l'autre parent est également porteur ou exprime la dilution. Ces porteurs sont invisibles à l'œil, seul le test ADN les révèle, d'où l'intérêt du mode génotype dans le simulateur.
06Comment obtenir le génotype de mon cheval ?
Par un test ADN réalisé par un laboratoire vétérinaire spécialisé. En France, plusieurs laboratoires proposent des panels complets de génétique des robes. L'IFCE, l'Institut français du cheval et de l'équitation, et sa ressource en ligne Équipédia, citée en bas de page, constituent la référence francophone pour comprendre les gènes testables et choisir le bon panel selon votre race et vos objectifs d'élevage.
07Comment déclarer un cheval qui combine plusieurs dilutions ?
Gène par gène, et sans typage ADN. Un perlino dun, c'est-à-dire un cheval de base baie portant deux copies du gène crème (ce qui lui donne une robe très pâle aux yeux bleus) et le gène dun (qui ajoute une raie sombre le long du dos), se déclare en trois gestes : robe de base baie, gène crème en deux copies, gène dun. Le simulateur compose alors le nom lui-même et l'affiche en tête du bloc de saisie, « Perlino dun », puis calcule le croisement à partir de ce génotype. Aucune combinaison n'a besoin d'exister au préalable dans une liste : c'est l'empilement des gènes que vous ajoutez qui produit le nom, ce qui vaut aussi bien pour un isabelle silver, un alezan dun perle ou un gris né palomino.
Trouvez l'étalon idéal pour votre jument
La probabilité de robe du poulain n'est qu'un critère parmi d'autres dans le choix d'un reproducteur, mais c'est souvent celui qui déclenche la réflexion. Sur Equ'un, la fiche d'un étalon dont le profil génétique a été renseigné ouvre le simulateur pré-rempli avec ses données : vous n'avez plus qu'à saisir celles de votre jument.
C'est un gain de temps concret pour comparer plusieurs étalons et affiner votre choix avant de contacter un haras.
Emma Robert, co-fondatrice et référente métier d'Equ'un. Cavalière depuis plus de vingt ans, c'est elle qui tranche les questions de fond, du déroulé d'une saison de monte au vocabulaire employé.
Maxence FortinCo-fondateur et directeur technique d'Equ'un
Maxence Fortin, co-fondateur et directeur technique d'Equ'un. Ingénieur logiciel, il a co-créé Equ'un pour moderniser la recherche d'une saillie et simplifier les démarches administratives qui l'entourent. Sa conviction : la technique doit servir le terrain, jamais l'inverse.